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À plus tard :)

samedi 2 mai 2009

Un nouveau départ

-2 mai 2009-

Il y a déjà quelques mois maintenant que ma décision de repatir est prise mais comme pour tout ces temps-ci, je voulais faire une relecture des évènements des derniers mois avant de me relancer dans l'aventure.
Surtout pour les besoins de ma propre mémoire, je veux faire une rétrospective des derniers mois depuis mon retour au Québec. Je suis revenu en catastrophe d'Europe le 10 novembre dernier pour passer quelques temps au chevet de ma mère avant son décès. Ce fut très court. Nous avons eu le temps de nous voir quelques minutes pendant ses quelques moments d'éveil. Symboliquement, elle nous a quitté le 11 novembre, jour du souvenir vers 1h du matin. Pendant les courts instants passés ensemble, elle ne pouvait pas parler mais ses yeux m'ont communiqué beaucoup de choses dont un désir immense de ne pas partir si tôt et de passer encore du temps avec nous. Il vient un temps par contre où le corps n'en peut plus et laisse tomber.
Le Bouddhisme m'a appris que la mort n'est qu'un changement parmis tant d'autres dans la vie d'une personne. Contraîrement aux croyances Chrétiennes dans lesquelles j'ai été élevé, le bouddhisme nous enseigne que nous sommes tous une seule et unique conscience et que chaque être humain est comme l'un de ses sens, tendu vers une vie, vers des expériences différentes des autres et que lorsque la mort survient, cette extension retourne à la source. Comme lorsque nous portons attention à un paysage au loin pendant quelques moments pour ensuite ramener notre attention à notre corps. Plus tard, nous porteront notre attention au loin encore une fois mais tout comme le paysage change, notre perception changera aussi, ce n'est plus la même, elle se doit d'être différente, de s'adapter au nouveau paysage à contempler. Nous ne pouvons entrer dans une autre vie sans complètement changer notre perception, notre façon d'être; sans recommencer du début.
Ma mère a vécu sa vie avec beaucoup de dignité. Elle a fait des choix, certains facile, d'autres plus difficile mais ce qui est important est qu'elle en a accepté les conséquences des ses choix et qu'elle les a porté jusqu'à la fin. Je lui souhaite beaucoup de bonheur dans la suite des choses.

De la même façon, il est temps pour moi de changer de perspective et de reprendre le voyage là il s'est terminé. Je sens le besoin de terminer ce que j'ai commencé et ça veut dire repartir. Donc à moins de changements majeurs, je quitte en juin pour l'Afrique avec une escale de près de deux mois en Europe. Cette escale me permettra de visiter quelques amis et de prendre un peu de temps pour me ressourcer en faisant le pèlerinage de compostelle.

Compostelle a toujours eu un sens très particulier pour moi. Pendant toutes les années passées dans les mouvements jeunesse, puis ensuite lors de ma formation missionnaire, je ne comprenais pas complètement le sens du terme. Àvec le temps qui passe, le concept est devenu moins abstrait. Un pèlerinage, c'est aujourd'hui beaucoup moins un lieu qu'un voyage. Un voyage intérieur définitivement mais rendu possible par le mouvement, par le dépouillement. Le voyage a un sens très particulier pour moi. Voyager ça oblige à abandonner nos certitudes, nos avoirs, notre routine. Quand on voyage, il n'y a pas grand chose qui ne change pas, en nous et hors de nous-même. Le voyage est à la fois un guide et un professeur.

Je continue de croire que les choix que l'on fait au delà de nous façonner nous -mêmes façonne aussi notre perception du monde qui nous entoure. Dès le moment où j'ai fait le choix de repartir, ma perception du monde a changé, il faisait sens à nouveau. Quand on fait un choix, les évènements ne sont plus seulement une suite d'action-réations décousues s'écoulant au fil des minutes qui passent mais un continuum organisé et cohérent de choix menant à d'autres choix, mais rarement à un but, telle est la nature humaine. J'apprends à reconnaître de mieux en mieux l'état d'esprit et la clarté caractéristiques de ces moments où les choix que je fais sont les bons, même s'il ne sont pas les choix évidents ou faciles.

Donc. Pour en revenir à ma rétrospective de l'année qui vient de s'écouler...
À la mi-novembre 2007, après les funérailles, J'ai sauté sur l'occasion d'aller prendre du soleil à Cuba une semaine à la mi-novembre, histoire de me changer les idées. C'était l'occasion parfaite pour me remettre de mes émotions, me reposer, faire une pause... En quelque sorte, me sauver de l'effervescence du moment.

Mon choix de m'installer à Québec après mon retour au pays a été un choix purement professionnel. À ce moment, je ne croyais pas repartir. Mon retour au Québec avait réduit considérablement mes économies (Essayez de voyager dernière minute pour un retour rapide et vous comprendrez !) et je me sentais bien en terrain connu. J'étais de retour dans la famille, les amis étaient proches. Par contre, l'offre d'un emploi à Québec dans mon domaine d'étude semblait arriver à ce moment particulièrement propice. C'était parfait.

La recherche d'appartement terminée, j'étais prêt à déménager.
Il y a ensuite eu les fêtes. Noël en famille chez ma soeur michèle a été un beau moment de retrouvailles. J'ai passé le Jour de l'an sur le carreau avec un mal de dent horrible qui a été suivi très rapidement par le déménagement à Québec pour le début du travail le 7 janvier.
J'étais Directeur des services professionnels et techniques dans une compagnie de gestion documentaire. J'étais heureux, j'avais un bon emploi, j'étais dans une belle ville (Québec) et j'avais pleins de nouveaux amis.
Puis avec la routine les problèmes ont commencés à s'accumuler. J'avais des problèmes avec mes employés, réfractaires à l'idée d'avoir un superviseur. Un manque flagrant de structure et le harcèlement psychologique de leur part on fait que le 10 avril j'ai quitté mon emploi de manière théatrale. J'en avais assez et je n'avais pas l'intention d'accepter ce genre de traitement de la part de quiconque.
Je peux résumer l'expérience en disant 2 choses:

1) Être directeur d'un département demande une bonne capacité d'adaptation, du leadership et une bonne habileté à gérer son temps, le temps des autres et les énergies disponibles de toutes parts. Je ne dispose pas à l'heure actuelle, de plusieurs des habiletés liées aux éléments énoncés plus haut qui m'auraient permis de bien gérer un département.
2) Il est impossible de gérer un département d'employés qui ne veulent pas de supérieur.

Ce fiasco m'a laissé amer et extrêmement perturbé au niveau personnel et professionnel. J'avais tellement l'impression que le problème n'était que de mon coté. Il m'a fallu plusieurs semaines pour réellement faire la part des choses, prendre ce qui était miens et laisser aux ex-employés ce qui était leurs. Ces semaines m'ont permises de me remettre sur pied moralement et psychologiquement après avoir perdu le pied de manière si totale. J'ai par contre appris beaucoup de l'expérience et je n'accepterai plus jamais de vivre du harcèlement tel que j'en ai vécu dans ce milieu de travail.
J'ai donc passé l'été sur le chômage à faire de la recherche d'emploi mais aussi à profiter de l'été dans la magnifique ville de Québec. Si j'avais été plus sécure, j'aurais beaucoup plus apprécié ce moment mais j'étais incertain de l'avenir et déjà je commençais à avoir le goût de repartir et je ne voulais pas gruger toutes mes économies. J'ai tout de même profité de l'été du 400ème de Québec. Il y avait spectacle après spectacle, animation après animation, activité après activité. C'était un feu roulant d'action partout en ville.Puis il y a eu les visites d'amis et mes visites à Montréal qui n'ont fait qu'ajouter à l'effervescence.
Malgré toutes ces activités, quelque chose n'allait pas. Je me sentais seul et isolé, plus ici que je ne l'ai jamais été pendant mon voyage entier l'an dernier. Je me suis mis à voir mes amis de Québec de moins en moins, l'intérêt commun diminuant de jour en jour. Alors qu'en février-mars-avril-mai, on se voyait plusieurs fois par semaine, pendant l'été, ces rencontres se sont espacées à quelques rares fois par mois et nous cherchions à nous voir de moins en moins à mesure que l'été avançais.
Le mois d'août a apporté sa dose de bonnes nouvelles: J'ai décroché un emploi à l'Université Laval et j'ai commencé à travailler le 3 septembre. Bon emploi, belles conditions, voyagement facile, belle équipe de travail mais surtout, un contrat d'un an qui se termine en Juin 2009.
Pendant cette période, j'ai travaillé au sein de l'équipe du projet de modernisation de la gestion des études (PMGDE) sur le logiciel Banner (le même qu'à McGill). ce fut une expérience particulièrement positive à pleins de niveaux. Au niveau personnel, professionnel et relationnel. J'ai eu la chance de travailler avec une équipe dynamique, engageante, professionnelle, motivée et extrêmement attachante. De plus j'ai acquis plusieures nouvelles habiletés très prisées dans mon domaine professionnel tout en participant à un projet vital et médiatisé de cette importante université.
J'en suis maintenant au début de mon 9è et dernier mois dans le projet et il me reste 1 mois avant la fin. Mes émotions sont diverses. J'ai vraiment aimé l'expérience et l'équipe, j'ai adoré mon séjour à Québec et toute cette année a été une année fertile en expériences mais j'anticipe mon projet de pèlerinage et de voyage avec beaucoup d'enthousiasme... j'ai vraiment hâte !
Je me sens par contre un peu anxieux à l'idée de me retrouver encore une fois avec seulement mon sac à dos, même si je devrais commencer à m'y habituer.
Je m'étais aussi attaché aux gens avec qui je travaille et je suis loin d'être indifférent à leur sort à la fin de ce projet. J'espère qu'il seront heureux dans la suite des choses.

Ouf, je crois que ça a été l'entrée de blog la plus longue de tout mon blogue...

À très bientôt.

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