-28 juin Mont Saint-Michel - Antrain-
Départ tôt le matin avec plusieurs arrêts pour me retourner et prendre plusieurs photos du mont. Pour le reste, c'est une journée de marche facile sur le bord de la route puis, arrivé à Pontorson, le reste du chemin se fait sur un chemin de fer converti en piste cyclable jusqu'à Antrain. À peu près pas de dénivellation et une marche rapide et facile malgré le fait que mon sac est très lourd et que seulement pour cette raison, je trouve la marche difficile. Une fois arrivé à Antrain... un peu de difficulté à trouver du logement. Le gite identifié dans le guide est complet... ça commence bien :(
La dame du gite me recommande quand même un autre gite où il y a de la place. C'est une grande maison qui, à l'heure actuelle est occupée par une groupe d'une dizaine de Roumains qui travaillent dans une usine tout près. Il n'y a pas grand chose à faire à Antrain... quelques belles maisons, un peu de marche dans le village et je passe le reste de la soirée dans ma chambre. Il faut dire que entre le propriétaire du gite qui est assez déprimant et les roumains qui me regardent comme si je n'avais rien à faire sur leur territoire... je reste dans ma chambre et garde un profil bas. Je dois quand même dire que l'accueil a été bon et que la dame a vraiment bien pris soin de moi (jus d'orange à l'arrivée, fais ma chambre alors que je suis arrivé très tôt en après-midi (je pars à 6h donc j'arrive vers midi) me prépare un déjeuner très tôt le lendemain).
Je suis très fatigué de toute façon et j'ai très mal aux pieds, aux jambes et, j'étais surpris moi aussi... aux épaules qui sont de loin, la partie de mon corps qui me fait le plus mal.
Je suis exténué et après avoir mangé un peu, je m'endors et dors presque toute la journée et toute la nuit.
Messages V.S. Commentaires...
Juste une petite note pour vous dire que je ne peux répondre aux commentaires que vous faites sur le blogue et qu'il m'est impossible de savoir qui me laisse un message à moins que vous ne m'y indiquiez textuellement qui vous êtes.
Le moyen le plus facile de correspondre avec moi est de m'envoyer des courriels à noroit@gmail.com
À plus tard :)
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À plus tard :)
mercredi 1 juillet 2009
Mont Saint-Michel (Retraite)
-24-27 juin-
J'ai décidé de mettre en une seule entrée de blog toute la durée de ma retraite pour simplifier la rédaction mais pas pour réduire son importance...
De façon générale, les journées se passent toutes de la même manière... Contemplation silencieuse (6h), Laudes (6h30), travail ou temps personnel, Messe (12h15), dîner, travail ou temps personnel, Vêpres (18h30), souper, Complies, visite du mont sans les touristes, dodo.
Cette semaine, je réside au logis St-Sébastien situé un peu plus bas (à peu près 250 marches plus bas) dans le village. L'abbaye ne peut accueillir que très peu de personnes et les cellules existante sont réservées pour les moines résidant. Je devrai donc, environ 8 à 10 fois par jour, monter ou descendre ces escaliers pour aller et venir entre le village et l'abbaye. La vie au mont se passe dans des escaliers en fait, il y en a beaucoup, un peu partout et elles sont essentielles pour se véhiculer entre les différentes sections du mont. C'est très petit par contre, au mont, comme dirais le père Charles-Marie, on ne peut pas se perdre, on ne peut aller très loin non plus, mais surtout, on fini toujours par aller vers le haut...
24 juin - Lever vers 5h pour prendre des photos du lever de soleil mais comme il se lève à 6h15 et que je voulais arriver pour les Laudes, j'ai été obligé d'oublier ça ce matin. Par contre, le lever, que j'ai quand même pu voir, était spectaculaire. Contemplation et Laudes suivi du déjeuner jusqu'à 8h environ. Je dois souligner que visiter l'abbaye sans voir les laudes est officiellement un péché :) Voir le soleil se lever à travers les vitraux de l'abbatiale et jeter sur les moines et moniales agenouillés ses premiers rayons tout en jetant sur les colonnes immenses, des reflets roses est une expérience magnifique. La bauté du moment, le calme et la sérénité qui nous enveloppe comme un manteau confortable est indescriptibles et est nécessaire pour bien comprendre le sens de l'existence d'un endroit comme le mont Saint-Michel et est souvent inaccessible aux touristes; non pas parce qu'ils ne peuvent y aller (les portes sont ouvertes) mais parce qu'ils arrivent plus tard. Il y avait quelque chose de profondément touchant dans le choeur de l'église, quelque chose qui s'y produit chaque matin où le soleil se lève. Sincèrement; au-delà du mont, au delà de l'église et de l'abbaye, au delà de la baie, des paysages à couper le souffle, ces moments sont à toute fin pratique, la raison véritable de l'existence du Mont Saint-Michel.
Pendant les Laudes, les moines et moniales chantent les Psaumes... J'ai écouté avec attention les harmonies et les voix mais je n'ai pas joint ma voix à les leurs... elle me semblait inadéquate.
J'ai eu, pendant un court instant, l'impression que je n'avais pas ma place là... pas parce que je ne suis pas accueilli par la communauté mais parce que je n'ai pas toujours l'impression d'avoir le droit d'être baigné dans cette lumière-là... On a tous notre place dans le monde, il faut trouver la place qui nous appartient... regardant ces gens à genoux dans la lumière du matin, j'ai la certitude qu'ils ont trouvé la leurs.
J'ai fait la réflexion ce matin-là que ma décision de "vivre" au mont pendant quelques jours a probablement été l'une des belles décisions que j'ai prise... Certainement parce que le mont gagne à être découvert alors qu'il n'est pas infesté de touristes pendant la journée. Voir le mont avant et après les touristes est un choix judicieux que je vous encourage à faire. Quand les touristes partent, le mont redevient calme, il semble se replonger dans l'athmosphère qui y régnait il y a quelques centaines d'années et à mon humble avis, qui devrait y régner de manière permanente malgré le fait que ce soit impossible considérant que le mont a besoin des revenus générés par le tourisme pour survivre.
Ayant manifesté hier mon intérêt pour faire du travail je me suis vu affecté la taille de la haie de laurier (Eh oui, le même laurier qu'on met dans le Spaghetti), des rosiers et de la vigne de l'Abbaye ainsi que de faire quelques bouquets pour agrémenter le réfectoire. Je dois dire que j'étais un peu gêné de me mettre à tailler ces plantes qui occupent les murs de l'Abbaye depuis plusieurs dizaines d'années, peut-être même près d'une centaine d'année. Par contre, je dois avouer qu'il était temps. J'ai donc travaillé de 10h30 jusqu'à la messe (12h15). La messe du midi ressemble malheureusement à un cirque avec pleins de mauvais clowns dans l'assistance. J'ai eu de la difficulté à me concentrer avec les touristes qui sont partout dans l'église et prennent des photos, jasent. J'ai maintenant un grand respect pour les moines qui gardent leur concentration à travers tout ce brouhaha.
La messe a été suivie par le repas. Tout est bon ici, les repas sont simples mais de qualité. Ce midi, détail cocasse... on me présente une salade de tomate, avocat, olives etc... Je me met à manger et curieusement, je semble être le seul à en reprendre. Je mange bien et me met à ramasser mes affaires quand tout à coup le repas arrive... J'étais certain que la salade était le plat principal... Le repas s'est continué avec des cotelettes de porc et le dessert... coupes glacées.
Tous les repas se prennent dans le réfectoire en silence mais la communication demeure, à d'autres niveaux... Quelqu'un s'occupe de démarrer la chaîne de passage des plats puis ensuite, on le fais nous-même. Les repas sont rapides mais pas autant qu'à Saint-Benoît-du-lac. On se sert mutuellement, il y a un calme qui doit aider, quelque part, à la digestion :)
L'après-midi a débutée avec une récréation dans le jardin à discuter en prenant le dessert avec une vue imprenable sur la baie. Plus tard, j'ai continué le travail manuel dans le jardin et j'ai pris un peu de repos en fin d'après-midi. Il fait chaud et humide au mont, après les montées d'escaliers, j'arrive toujours en haut en sueurs... Je dégoûte (et me dégoûte).
Comme vous voyez, le travail ne manque pas. J'ai trouvé rafraîchissant de travailler au mont, c'était un peu ma participation à la vie monastique et surtout, je trouvais que c'était un moyen approprié de dire merci aux moines qui m'ont si bien reçu.
Le soir, c'est un souper de fête chez les religieuses. Ici, les moines et les religieuses vivent au sein de l'abbaye mais évidemment dans des quartiers séparés. Il y a un repas spécial pour célébrer la St-Jean-Baptiste, Patron de la communauté de Jérusalem. C'est aussi la fête de leur 8e année de présence au mont. C'est un souper accompagné d'un choix de vins (juste assez, pas trop ;) et suivi de la vaisselle et d'un moment de "récréation" où on a jasé et pris tisane, thé et bonbons. J'ai pu voir les moines et moniales dans leur moments festifs, moments que je discerne comme étant assez rares... J'ai vraiment apprécié être témoin de ces moments. J'ai bien aimé l'ambiance feutrée de l'abbaye, l'acceuil et la présence des moines et surtout leur gentillesse, leur humour, leur habileté à rester centrer sur les choses simples et évidemment la prière mais au passage, être témoin des moments plus festifs jetais une lueur nouvelle sur la vie monastique. Le rythme de vie, le passage des heures et la routine, encourage une vie paisible et non pas déconnectée mais plutôt connectée sur l'essentiel... la présence l'un à l'autre mais surtout à la prière et à Dieu.
J'ai quitté l'abbaye après les complies et je suis allé chercher mon appareil photo, toujours à la recherche de la dernière sensation. Je veux des photos du coucher de soleil. Par contre j'ai oublié que le soleil se couche très tard (soleil disparaît vers 10h15) mais il fait clair jusqu'à 11h environ. C'était d'un calme envoûtant. Nous étions quelques-uns (peut-être une douzaine) de personnes qui attendaient calmement, paisiblement le coucher de soleil sur la Baie. Tout le monde parlait à voix basses la présence silencieuse des gens était aussi belle que le soleil. C'est peut-être le lieu, la lumière mais il y a un calme omniprésent sur le mont qui nous prend dès qu'on veut se laisser prendre.
J'ai terminé ma journée avec un peu de lavage... les vêtements synthétiques sentent vite... je les remplacerai par des vêtements en fibre naturelle au plus tôt.
25 juin - Lever vers 6h pour le lever de soleil suivi des Laudes. J'adore me retrouver dans l'église avant les Laudes et regarder le soleil se lever dans les vitraux. Pour le reste, une journée à peu près semblable à la précédente sauf qu'aujourd'hui, je taille la plante Kiwi et je descend beaucoup de sacs de poubelles à travers les méandres des escaliers. Aujourd'hui, je ne vais pas à la messe... j'ai de la difficulté à profiter de ces moments avec tous les touristes. On me demande d'aller, ce soir faire la dernière heure de l'adoration silencieuse à l'église St-Pierre dans le village. Soirée très calme assis à contempler le saint sacrement.
26 juin - Journée avec un peu de ménage dans le réfectoire puis je me suis transformé en touriste pour aller prendre quelques photos dans le cloître et dans l'église avant que les touristes arrivent. C'est aussi aujourd'hui la première journée de température de "Bretagne" avec un temps gris. C'est aussi aujourd'hui, que pour la première fois, je ferai estamper ma crédential.
C'est aussi aujourd'hui que le malaise grandit en lien avec la liturgie. Ce malaise va m'accompagner tout mon séjour; mais y'a des malaises qu'il faut creuser... C'est aussi la journée du lavage... Je monte mon lavage à l'abbaye et quand je monte pour les vêpres, comme tout n'est pas sec, je laisse le tout dehors. Évidemment, au beau milieu des vêpres, un orage se déclare... et mouille tout mon linge. Après discusson avec le moine Charles-Marie, je décide de rester une journée de plus pour attendre que mon linge sèche... signe divin ou anecdote cocasse ???
Demeure qu'en ce qui a trait aux questionnements sur le sens de ma vie, sur ma raison d'être... Il reste que pour quelque raison que ce soit, pendant quelques instants, j'aurais aimé connaître ce que c'est que de me faire dire clairement par Dieu ce que je dois faire... évidemment, ce n'est jamais le cas.
J'essais depuis plusieurs années de me placer dans des endroits où je pense que la rencontre se fera... mais elle ne se produit pas... alors je doute. Es-ce mon rôle ici de me questionner constamment sans jamais avoir de certitudes ? Où se trouve l'équilibre entre la foi et la raison ou l'intellect. Peut-être que je suis aveugle mais maintenant, je commence à me demander si le doute n'est pas une partie essentielle de l'existence humaine. Il reste qu'il y a toujours une différence majeure entre les communications divines décrites dans la bible et celles reçues par les gens d'aujourd'hui qui semblent plus subtiles. Parle-t-il aux importants à travers les buissons ardents et au reste du peuple par des intuitions et des impressions dans leur coeur. En fin de compte, je débute mon pèlerinage avec des doutes, des questions, des insatisfactions et la questions éternelle: Qu'est-ce que je fais ici ? Je penses même à ce moment, à tout laisser tomber. Si après tout ce temps, je ne suis toujours pas capable de faire sens... peut-être devrais-je retourner dans ma vie de banlieue ? Disons que je commence un pèlerinage dans un drôle d'esprit... on verra bien comment ça va évoluer. Peut-être faut-il passer par le doute avant de pouvoir faire sens ? Je pars donc avec cet espoir :)
27 juin - Journée normale à part ma bénédiction de pèlerin reçue après les vêpres. Je suis arrivé très tôt pour un moment tout seul dans l'Abbatiale. Après les Laudes, les nuages arrivaient au niveau des ramparts, on aurait dit que l'Abbaye flottait sur les nuages. À cause de l'humidité, les gens avaient des arc-en-ciels autour d'eux, c'était vraiment superbe. J'aurais voulu avoir mon appareil ! J'ai trouvé la séparation après les complies difficiles. Je quitte un endroit où j'étais bien pour l'inconnu.
J'ai décidé de mettre en une seule entrée de blog toute la durée de ma retraite pour simplifier la rédaction mais pas pour réduire son importance...
De façon générale, les journées se passent toutes de la même manière... Contemplation silencieuse (6h), Laudes (6h30), travail ou temps personnel, Messe (12h15), dîner, travail ou temps personnel, Vêpres (18h30), souper, Complies, visite du mont sans les touristes, dodo.
Cette semaine, je réside au logis St-Sébastien situé un peu plus bas (à peu près 250 marches plus bas) dans le village. L'abbaye ne peut accueillir que très peu de personnes et les cellules existante sont réservées pour les moines résidant. Je devrai donc, environ 8 à 10 fois par jour, monter ou descendre ces escaliers pour aller et venir entre le village et l'abbaye. La vie au mont se passe dans des escaliers en fait, il y en a beaucoup, un peu partout et elles sont essentielles pour se véhiculer entre les différentes sections du mont. C'est très petit par contre, au mont, comme dirais le père Charles-Marie, on ne peut pas se perdre, on ne peut aller très loin non plus, mais surtout, on fini toujours par aller vers le haut...
24 juin - Lever vers 5h pour prendre des photos du lever de soleil mais comme il se lève à 6h15 et que je voulais arriver pour les Laudes, j'ai été obligé d'oublier ça ce matin. Par contre, le lever, que j'ai quand même pu voir, était spectaculaire. Contemplation et Laudes suivi du déjeuner jusqu'à 8h environ. Je dois souligner que visiter l'abbaye sans voir les laudes est officiellement un péché :) Voir le soleil se lever à travers les vitraux de l'abbatiale et jeter sur les moines et moniales agenouillés ses premiers rayons tout en jetant sur les colonnes immenses, des reflets roses est une expérience magnifique. La bauté du moment, le calme et la sérénité qui nous enveloppe comme un manteau confortable est indescriptibles et est nécessaire pour bien comprendre le sens de l'existence d'un endroit comme le mont Saint-Michel et est souvent inaccessible aux touristes; non pas parce qu'ils ne peuvent y aller (les portes sont ouvertes) mais parce qu'ils arrivent plus tard. Il y avait quelque chose de profondément touchant dans le choeur de l'église, quelque chose qui s'y produit chaque matin où le soleil se lève. Sincèrement; au-delà du mont, au delà de l'église et de l'abbaye, au delà de la baie, des paysages à couper le souffle, ces moments sont à toute fin pratique, la raison véritable de l'existence du Mont Saint-Michel.
Pendant les Laudes, les moines et moniales chantent les Psaumes... J'ai écouté avec attention les harmonies et les voix mais je n'ai pas joint ma voix à les leurs... elle me semblait inadéquate.
J'ai eu, pendant un court instant, l'impression que je n'avais pas ma place là... pas parce que je ne suis pas accueilli par la communauté mais parce que je n'ai pas toujours l'impression d'avoir le droit d'être baigné dans cette lumière-là... On a tous notre place dans le monde, il faut trouver la place qui nous appartient... regardant ces gens à genoux dans la lumière du matin, j'ai la certitude qu'ils ont trouvé la leurs.
J'ai fait la réflexion ce matin-là que ma décision de "vivre" au mont pendant quelques jours a probablement été l'une des belles décisions que j'ai prise... Certainement parce que le mont gagne à être découvert alors qu'il n'est pas infesté de touristes pendant la journée. Voir le mont avant et après les touristes est un choix judicieux que je vous encourage à faire. Quand les touristes partent, le mont redevient calme, il semble se replonger dans l'athmosphère qui y régnait il y a quelques centaines d'années et à mon humble avis, qui devrait y régner de manière permanente malgré le fait que ce soit impossible considérant que le mont a besoin des revenus générés par le tourisme pour survivre.
Ayant manifesté hier mon intérêt pour faire du travail je me suis vu affecté la taille de la haie de laurier (Eh oui, le même laurier qu'on met dans le Spaghetti), des rosiers et de la vigne de l'Abbaye ainsi que de faire quelques bouquets pour agrémenter le réfectoire. Je dois dire que j'étais un peu gêné de me mettre à tailler ces plantes qui occupent les murs de l'Abbaye depuis plusieurs dizaines d'années, peut-être même près d'une centaine d'année. Par contre, je dois avouer qu'il était temps. J'ai donc travaillé de 10h30 jusqu'à la messe (12h15). La messe du midi ressemble malheureusement à un cirque avec pleins de mauvais clowns dans l'assistance. J'ai eu de la difficulté à me concentrer avec les touristes qui sont partout dans l'église et prennent des photos, jasent. J'ai maintenant un grand respect pour les moines qui gardent leur concentration à travers tout ce brouhaha.
La messe a été suivie par le repas. Tout est bon ici, les repas sont simples mais de qualité. Ce midi, détail cocasse... on me présente une salade de tomate, avocat, olives etc... Je me met à manger et curieusement, je semble être le seul à en reprendre. Je mange bien et me met à ramasser mes affaires quand tout à coup le repas arrive... J'étais certain que la salade était le plat principal... Le repas s'est continué avec des cotelettes de porc et le dessert... coupes glacées.
Tous les repas se prennent dans le réfectoire en silence mais la communication demeure, à d'autres niveaux... Quelqu'un s'occupe de démarrer la chaîne de passage des plats puis ensuite, on le fais nous-même. Les repas sont rapides mais pas autant qu'à Saint-Benoît-du-lac. On se sert mutuellement, il y a un calme qui doit aider, quelque part, à la digestion :)
L'après-midi a débutée avec une récréation dans le jardin à discuter en prenant le dessert avec une vue imprenable sur la baie. Plus tard, j'ai continué le travail manuel dans le jardin et j'ai pris un peu de repos en fin d'après-midi. Il fait chaud et humide au mont, après les montées d'escaliers, j'arrive toujours en haut en sueurs... Je dégoûte (et me dégoûte).
Comme vous voyez, le travail ne manque pas. J'ai trouvé rafraîchissant de travailler au mont, c'était un peu ma participation à la vie monastique et surtout, je trouvais que c'était un moyen approprié de dire merci aux moines qui m'ont si bien reçu.
Le soir, c'est un souper de fête chez les religieuses. Ici, les moines et les religieuses vivent au sein de l'abbaye mais évidemment dans des quartiers séparés. Il y a un repas spécial pour célébrer la St-Jean-Baptiste, Patron de la communauté de Jérusalem. C'est aussi la fête de leur 8e année de présence au mont. C'est un souper accompagné d'un choix de vins (juste assez, pas trop ;) et suivi de la vaisselle et d'un moment de "récréation" où on a jasé et pris tisane, thé et bonbons. J'ai pu voir les moines et moniales dans leur moments festifs, moments que je discerne comme étant assez rares... J'ai vraiment apprécié être témoin de ces moments. J'ai bien aimé l'ambiance feutrée de l'abbaye, l'acceuil et la présence des moines et surtout leur gentillesse, leur humour, leur habileté à rester centrer sur les choses simples et évidemment la prière mais au passage, être témoin des moments plus festifs jetais une lueur nouvelle sur la vie monastique. Le rythme de vie, le passage des heures et la routine, encourage une vie paisible et non pas déconnectée mais plutôt connectée sur l'essentiel... la présence l'un à l'autre mais surtout à la prière et à Dieu.
J'ai quitté l'abbaye après les complies et je suis allé chercher mon appareil photo, toujours à la recherche de la dernière sensation. Je veux des photos du coucher de soleil. Par contre j'ai oublié que le soleil se couche très tard (soleil disparaît vers 10h15) mais il fait clair jusqu'à 11h environ. C'était d'un calme envoûtant. Nous étions quelques-uns (peut-être une douzaine) de personnes qui attendaient calmement, paisiblement le coucher de soleil sur la Baie. Tout le monde parlait à voix basses la présence silencieuse des gens était aussi belle que le soleil. C'est peut-être le lieu, la lumière mais il y a un calme omniprésent sur le mont qui nous prend dès qu'on veut se laisser prendre.
J'ai terminé ma journée avec un peu de lavage... les vêtements synthétiques sentent vite... je les remplacerai par des vêtements en fibre naturelle au plus tôt.
25 juin - Lever vers 6h pour le lever de soleil suivi des Laudes. J'adore me retrouver dans l'église avant les Laudes et regarder le soleil se lever dans les vitraux. Pour le reste, une journée à peu près semblable à la précédente sauf qu'aujourd'hui, je taille la plante Kiwi et je descend beaucoup de sacs de poubelles à travers les méandres des escaliers. Aujourd'hui, je ne vais pas à la messe... j'ai de la difficulté à profiter de ces moments avec tous les touristes. On me demande d'aller, ce soir faire la dernière heure de l'adoration silencieuse à l'église St-Pierre dans le village. Soirée très calme assis à contempler le saint sacrement.
26 juin - Journée avec un peu de ménage dans le réfectoire puis je me suis transformé en touriste pour aller prendre quelques photos dans le cloître et dans l'église avant que les touristes arrivent. C'est aussi aujourd'hui la première journée de température de "Bretagne" avec un temps gris. C'est aussi aujourd'hui, que pour la première fois, je ferai estamper ma crédential.
C'est aussi aujourd'hui que le malaise grandit en lien avec la liturgie. Ce malaise va m'accompagner tout mon séjour; mais y'a des malaises qu'il faut creuser... C'est aussi la journée du lavage... Je monte mon lavage à l'abbaye et quand je monte pour les vêpres, comme tout n'est pas sec, je laisse le tout dehors. Évidemment, au beau milieu des vêpres, un orage se déclare... et mouille tout mon linge. Après discusson avec le moine Charles-Marie, je décide de rester une journée de plus pour attendre que mon linge sèche... signe divin ou anecdote cocasse ???
Demeure qu'en ce qui a trait aux questionnements sur le sens de ma vie, sur ma raison d'être... Il reste que pour quelque raison que ce soit, pendant quelques instants, j'aurais aimé connaître ce que c'est que de me faire dire clairement par Dieu ce que je dois faire... évidemment, ce n'est jamais le cas.
J'essais depuis plusieurs années de me placer dans des endroits où je pense que la rencontre se fera... mais elle ne se produit pas... alors je doute. Es-ce mon rôle ici de me questionner constamment sans jamais avoir de certitudes ? Où se trouve l'équilibre entre la foi et la raison ou l'intellect. Peut-être que je suis aveugle mais maintenant, je commence à me demander si le doute n'est pas une partie essentielle de l'existence humaine. Il reste qu'il y a toujours une différence majeure entre les communications divines décrites dans la bible et celles reçues par les gens d'aujourd'hui qui semblent plus subtiles. Parle-t-il aux importants à travers les buissons ardents et au reste du peuple par des intuitions et des impressions dans leur coeur. En fin de compte, je débute mon pèlerinage avec des doutes, des questions, des insatisfactions et la questions éternelle: Qu'est-ce que je fais ici ? Je penses même à ce moment, à tout laisser tomber. Si après tout ce temps, je ne suis toujours pas capable de faire sens... peut-être devrais-je retourner dans ma vie de banlieue ? Disons que je commence un pèlerinage dans un drôle d'esprit... on verra bien comment ça va évoluer. Peut-être faut-il passer par le doute avant de pouvoir faire sens ? Je pars donc avec cet espoir :)
27 juin - Journée normale à part ma bénédiction de pèlerin reçue après les vêpres. Je suis arrivé très tôt pour un moment tout seul dans l'Abbatiale. Après les Laudes, les nuages arrivaient au niveau des ramparts, on aurait dit que l'Abbaye flottait sur les nuages. À cause de l'humidité, les gens avaient des arc-en-ciels autour d'eux, c'était vraiment superbe. J'aurais voulu avoir mon appareil ! J'ai trouvé la séparation après les complies difficiles. Je quitte un endroit où j'étais bien pour l'inconnu.
Rennes-Mont-Saint-Michel
-23 juin-
Je quitte Rennes par autobus vers 11h30 après avoir été faire un petit tour dans des sections de la vieille ville que je n'avais pas eu le temps de visiter hier. Je suis arrivé au bas du mont Saint-Michel à 13h30 et je me suis immédiatement rendu à mon logis pour y déposer mes affaires. Tout se passe bien mais je suis un peu assaillis par la quantité de touristes qui se trouvent sur les lieux. Il y en a tellement que j'ai de la difficulté à me véhiculer dans les rues étroites. Je prends un peu de temps pour visiter le mont qui est vraiment exceptionnel à pleins de niveaux. C'est difficile à décrire... Je m'inscrit pour la visite guidé que je fais en milieu d'après-midi avec un guide super intéressant. J'aurais dû prendre la visite conférence comme tout le monde me l'avais recommandé mais j'étais un peu confus et je croyais que c'était pour ça que je payais... De toute façon, je me dis que je pourrai toujours la reprendre plus tard dans la semaine.
À 18h20, je me présente aux Vêpres comme prévu... Une religieuse de la communauté de Jérusalem (la communauté résidant au mont) vient me chercher pour monter à l'église. C'est vraiment impressionnant de voir la quantité de marches qu'il faut monter (ou descendre) pour aller d'un endroit à l'autre ici !
L'acoustique est tellement parfaite et les harmonies sont tellement belles que je me laisse prendre aux chants des vêpres. Nous sommes plusieurs présents, je me dis que j'ai bien fait de réserver d'avance. Une fois les vêpres terminés, je suis accueillis par Père Charles-Marie qui vient directement me voir et m'accueille par mon nom... je suis un peu estomaqué de découvrir que je suis le seul retraitant aujourd'hui... Eh ben. On prend quelques minutes à contempler la vue sur la baie à partir du parvis de l'église... c'est vraiment à couper le souffle... surtout que la marée monte. En quelques minutes, on peut voir les dunes se remplir d'eau, les cours d'eau s'entrechoquer, chacun, rivière et océan ne voulant pas laisser sa place à l'autre. Les verts-gris tournent rapidement au bleu foncé et au gris plus foncé. C'est vraiment de toute beauté. On descend ensuite au réfectoire et je dois avouer que je suis un peu nerveux. Quand je suis allé à St-Benoit-du-lac on étaient assis (les retraitants) sur des tables au milieu des moines qui sont tous assis autour et nous regardent. De plus, ils mangent si vite que j'avais à peine le temps de finir un plat que le suivant arrivait... c'était loin d'être relaxant.
Ici par contre, on est tous assis ensemble (tous c'est pas vraiment beaucoup... il y a 4 moines présents dont 1 en visite de Paris). De façon générale, ils sont habituellement 5 ou 6 et chez les religieuses, elles sont 7...
Le repas se passe calmement et en silence, ce qui fait un changement radical des repas auxquels je suis habitués !
Après le repas, c'est la vaisselle avec quelques mots échangés et quelques explications sur le déroulement des journées. On me propose aussi de faire un peu de travail si je le veux, ce que j'accepte évidemment... Ce sera intéressant de partager un peu plus que seulement les recontres de prières.
La soirée se termine avec les complies desquels je sors pour aller chercher mon appareil photo et me rendre où on m'a indiqué que sont les plus beaux couchers de soleil. Par contre, il faut se rappeler que le soleil se coucher vers 23h au mont Saint-Michel... disons que je suis un peu en avance, mais je ne suis pas tout seul de touriste qui attendent patiemment que l'astre du jour disparaisse dans l'océan. Somme toute, ce fut un beau moment de calme. Tout le monde parlait à voix basse, tout était calme avec la majorité des touristes déjà partis, il ne restait qu'une poignée d'irréductibles qui contemplaient la boule de feu descendre lentement à l'horizon...
Une fois le spectacle terminé, j'ai marché un peu dans les rues du mont histoire de me situer mais il est impossible de s'y perdre, même pour moi ;)
Le dodo était tôt ce soir-là parce que la journée du lendemain commence à 6h... ce sera une bonne pratique pour le pèlerinage qui suit :)
Je quitte Rennes par autobus vers 11h30 après avoir été faire un petit tour dans des sections de la vieille ville que je n'avais pas eu le temps de visiter hier. Je suis arrivé au bas du mont Saint-Michel à 13h30 et je me suis immédiatement rendu à mon logis pour y déposer mes affaires. Tout se passe bien mais je suis un peu assaillis par la quantité de touristes qui se trouvent sur les lieux. Il y en a tellement que j'ai de la difficulté à me véhiculer dans les rues étroites. Je prends un peu de temps pour visiter le mont qui est vraiment exceptionnel à pleins de niveaux. C'est difficile à décrire... Je m'inscrit pour la visite guidé que je fais en milieu d'après-midi avec un guide super intéressant. J'aurais dû prendre la visite conférence comme tout le monde me l'avais recommandé mais j'étais un peu confus et je croyais que c'était pour ça que je payais... De toute façon, je me dis que je pourrai toujours la reprendre plus tard dans la semaine.
À 18h20, je me présente aux Vêpres comme prévu... Une religieuse de la communauté de Jérusalem (la communauté résidant au mont) vient me chercher pour monter à l'église. C'est vraiment impressionnant de voir la quantité de marches qu'il faut monter (ou descendre) pour aller d'un endroit à l'autre ici !
L'acoustique est tellement parfaite et les harmonies sont tellement belles que je me laisse prendre aux chants des vêpres. Nous sommes plusieurs présents, je me dis que j'ai bien fait de réserver d'avance. Une fois les vêpres terminés, je suis accueillis par Père Charles-Marie qui vient directement me voir et m'accueille par mon nom... je suis un peu estomaqué de découvrir que je suis le seul retraitant aujourd'hui... Eh ben. On prend quelques minutes à contempler la vue sur la baie à partir du parvis de l'église... c'est vraiment à couper le souffle... surtout que la marée monte. En quelques minutes, on peut voir les dunes se remplir d'eau, les cours d'eau s'entrechoquer, chacun, rivière et océan ne voulant pas laisser sa place à l'autre. Les verts-gris tournent rapidement au bleu foncé et au gris plus foncé. C'est vraiment de toute beauté. On descend ensuite au réfectoire et je dois avouer que je suis un peu nerveux. Quand je suis allé à St-Benoit-du-lac on étaient assis (les retraitants) sur des tables au milieu des moines qui sont tous assis autour et nous regardent. De plus, ils mangent si vite que j'avais à peine le temps de finir un plat que le suivant arrivait... c'était loin d'être relaxant.
Ici par contre, on est tous assis ensemble (tous c'est pas vraiment beaucoup... il y a 4 moines présents dont 1 en visite de Paris). De façon générale, ils sont habituellement 5 ou 6 et chez les religieuses, elles sont 7...
Le repas se passe calmement et en silence, ce qui fait un changement radical des repas auxquels je suis habitués !
Après le repas, c'est la vaisselle avec quelques mots échangés et quelques explications sur le déroulement des journées. On me propose aussi de faire un peu de travail si je le veux, ce que j'accepte évidemment... Ce sera intéressant de partager un peu plus que seulement les recontres de prières.
La soirée se termine avec les complies desquels je sors pour aller chercher mon appareil photo et me rendre où on m'a indiqué que sont les plus beaux couchers de soleil. Par contre, il faut se rappeler que le soleil se coucher vers 23h au mont Saint-Michel... disons que je suis un peu en avance, mais je ne suis pas tout seul de touriste qui attendent patiemment que l'astre du jour disparaisse dans l'océan. Somme toute, ce fut un beau moment de calme. Tout le monde parlait à voix basse, tout était calme avec la majorité des touristes déjà partis, il ne restait qu'une poignée d'irréductibles qui contemplaient la boule de feu descendre lentement à l'horizon...
Une fois le spectacle terminé, j'ai marché un peu dans les rues du mont histoire de me situer mais il est impossible de s'y perdre, même pour moi ;)
Le dodo était tôt ce soir-là parce que la journée du lendemain commence à 6h... ce sera une bonne pratique pour le pèlerinage qui suit :)
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